{"id":21696,"date":"2018-10-25T15:38:27","date_gmt":"2018-10-25T13:38:27","guid":{"rendered":"https:\/\/cna.lpo.fr\/?p=21696"},"modified":"2018-10-25T15:38:27","modified_gmt":"2018-10-25T13:38:27","slug":"nouveau-signalement-de-la-reproduction-du-gypa-te-barbu-au-maroc-et-propositions-pour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cna.lpo.fr\/?p=21696","title":{"rendered":"Nouveau signalement de la reproduction du gypa\u00e8te barbu au Maroc et propositions pour sa conservation"},"content":{"rendered":"<div class=\"cadrecentre rounded\">Autrefois largement r\u00e9pandu en Afrique et en Eurasie, le gypa\u00e8te barbu a connu un d\u00e9clin significatif au cours du 20e si\u00e8cle dans plusieurs r\u00e9gions, sauf dans les zones de r\u00e9introduction comme les Alpes et les Pyr\u00e9n\u00e9es (BirdLife International 2018). Selon l&rsquo;UICN, l&rsquo;esp\u00e8ce est largement r\u00e9partie de mani\u00e8re disjonctive dans toute son aire de r\u00e9partition et elle a \u00e9t\u00e9 class\u00e9e Quasi menac\u00e9e en raison de preuves d&rsquo;un d\u00e9clin d\u00e9mographique mod\u00e9r\u00e9ment rapide au cours des trois derni\u00e8res g\u00e9n\u00e9rations (BirdLife International 2018).&nbsp;<\/div>\n<p>&nbsp;    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cna.lpo.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/diminution.jpg\" alt=\"\" class=\"imagecache-original\" width=\"1001\" height=\"665\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>photo de Bruno Berthemy&nbsp;<\/em><\/p>\n<p class=\"intro\">Autrefois largement r\u00e9pandu en Afrique et en Eurasie, le gypa\u00e8te barbu a connu un d\u00e9clin significatif au cours du 20e si\u00e8cle dans plusieurs r\u00e9gions, sauf dans les zones de r\u00e9introduction comme les Alpes (BirdLife International 2018). Selon l&rsquo;UICN, l&rsquo;esp\u00e8ce est largement r\u00e9partie de mani\u00e8re disjonctive dans toute son aire de r\u00e9partition et elle a \u00e9t\u00e9 class\u00e9e Quasi menac\u00e9e en raison de preuves d&rsquo;un d\u00e9clin d\u00e9mographique mod\u00e9r\u00e9ment rapide au cours des trois derni\u00e8res g\u00e9n\u00e9rations (BirdLife International 2018).&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cna.lpo.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/diminution.jpg\" alt=\"\" class=\"imagecache-original\" width=\"1001\" height=\"665\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>photo de Bruno Berthemy&nbsp;<\/em><\/p>\n<p class=\"intro\">Ce charognard sp\u00e9cialis\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9 comme rare et \u00e0 haut risque dans la r\u00e9gion du Maghreb avec 5-10 couples au Maroc (Cherkaoui 2005) o\u00f9 il est consid\u00e9r\u00e9 en danger critique d&rsquo;extinction en raison de sa raret\u00e9 extr\u00eame et de sa faible population (Th\u00e9venot et al.2003). Son statut en Alg\u00e9rie reste cependant inconnu en raison de l&rsquo;absence de signalements r\u00e9cents et confirm\u00e9s (Isenmann &amp; Moali 2000), tandis qu&rsquo;en Tunisie l&rsquo;esp\u00e8ce est consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9teinte (Isenmann et al.2005). Cependant, deux observations en 2012 et 2014 d&rsquo;un gypa\u00e8te barbu dans le parc national de Theniet El Had en Alg\u00e9rie ont donn\u00e9 de l&rsquo;espoir que l&rsquo;esp\u00e8ce puisse encore y survivre (Djardini et al.2014).    \u00c9tonnamment, l&rsquo;altitude dans cette r\u00e9gion particuli\u00e8re ne d\u00e9passe pas 2000m comparativement au Haut Atlas au Maroc o\u00f9 l&rsquo;esp\u00e8ce est principalement observ\u00e9e \u00e0 3000m et plus (Cuzin 2010).<br \/> En Afrique du Nord comme dans le reste du continent africain, la menace la plus r\u00e9pandue pour les oiseaux charognards serait l&#8217;empoisonnement, intentionnel ou non intentionnel, par l&rsquo;utilisation ill\u00e9gale d&rsquo;app\u00e2ts pour contr\u00f4ler les chiens sauvages et autres carnivores (Margalida et al.2008, Kr\u00fcger 2015).    On pense aussi que l&rsquo;enfouissement des carcasses de bovins dans tout le Maroc est une pratique qui \u00e9vite aux charognards de s&rsquo;en nourrir, provoquant une p\u00e9nurie alimentaire (Cherkaoui obs. pers.).&nbsp;  <br \/> Les montagnes du Haut Atlas marocain abritent depuis longtemps de grandes esp\u00e8ces de rapaces (Thevenot et al. 2003). En fait, les signalements r\u00e9cents de gypa\u00e8tes en Afrique du Nord proviennent presque exclusivement de cette r\u00e9gion (Cuzin 2010). Ces individus avec ceux r\u00e9cemment rep\u00e9r\u00e9s en Alg\u00e9rie semblent \u00eatre la seule population connue et la derni\u00e8re survivante de l&rsquo;esp\u00e8ce au sud de la M\u00e9diterran\u00e9e (Frey 1994).<br \/> La survie de cette petite population de gypa\u00e8tes permet d&rsquo;esp\u00e9rer que toute sa population n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 perdue dans cette partie de l&rsquo;Atlas. Il est fort possible que cette population isol\u00e9e ait pu r\u00e9sister aux effets d&rsquo;agents qui ont presque d\u00e9cim\u00e9 l&rsquo;esp\u00e8ce ailleurs (Moyen Atlas, Anti-Atlas et Rif) ou qui n&rsquo;ont peut-\u00eatre pas \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s aux m\u00eames menaces.<\/p>\n<h2>I.\tAire de nidification<\/h2>\n<p>Les montagnes du Haut Atlas, la plus grande cha\u00eene de montagnes d&rsquo;Afrique du Nord, s&rsquo;\u00e9tendent sur une superficie d&rsquo;environ 740 km et comprennent les plus hauts sommets d&rsquo;Afrique du Nord, comme le Toubkal 4167m et le M&rsquo;goun 4071m.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cna.lpo.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/morocco-1568995_0.jpg\" alt=\"\" class=\"imagecache-original\" width=\"371\" height=\"236\"> &nbsp; <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cna.lpo.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/morocco-2750039.jpg\" alt=\"\" class=\"imagecache-original\" width=\"371\" height=\"243\"> Les versants nord et les sommets des pics inf\u00e9rieurs sont recouverts de for\u00eats de ch\u00eanes verts, de pins, de c\u00e8dres et d&rsquo;autres arbres, dont des noyers.  Les pentes inf\u00e9rieures entourent des vall\u00e9es bien arros\u00e9es dans lesquelles les paysans autochtones cultivent des champs irrigu\u00e9s en espaliers. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une importante zone de transhumance, avec des milliers de t\u00eates de b\u00e9tail errant dans d&rsquo;interminables p\u00e2turages qui fournissent une source inestimable de nourriture pour les charognards. La r\u00e9partition et la densit\u00e9 du gypa\u00e8te barbu sont souvent corr\u00e9l\u00e9es aux pratiques de gestion du b\u00e9tail domestique (Heredia &amp; Heredia 1991, Thibault et al.1993). <br \/> Dans certaines r\u00e9gions \u00e9loign\u00e9es ou r\u00e9serves naturelles, les grands ongul\u00e9s sauvages comme le mouflon de Barbarie (Ammotragus lervia) et les gazelles de Cuvier (Gazella cuvieri) ainsi que les sangliers (Sus scrofa) errent encore dans cette r\u00e9gion montagneuse (Cuzin 2003) et pourraient repr\u00e9senter une autre source de nourriture pour les gypa\u00e8tes. <br \/> Au cours du 21\u00e8me si\u00e8cle, peu d&rsquo;enregistrements de reproductions ou de juv\u00e9niles ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s, situ\u00e9s principalement dans le Haut Atlas central \u00e0 Jbel Toubkal et Jbel Mgoun.   Il y a \u00e9galement eu une observation confirm\u00e9e d&rsquo;un oiseau de deuxi\u00e8me ann\u00e9e \u00e0 Jbel Ayachi dans le Haut-Atlas oriental en 2005 (Cherkaoui et al.2006).   <br \/> Les nids sont construits dans de petites grottes ou sur des corniches rocheuses sur des falaises hautes et inaccessibles, g\u00e9n\u00e9ralement entre 1000m et 3000m d&rsquo;altitude, g\u00e9n\u00e9ralement loin des \u00e9tablissements humains (Cramp &amp; Simmons 1980).<\/p>\n<h2>II.\tCas de reproductions<\/h2>\n<p>Ismail Allaoui, un ornithologue passionn\u00e9 qui vit dans le village de M&rsquo;goun, a jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent parcouru des centaines de kilom\u00e8tres \u00e0 pied \u00e0 travers le Haut Atlas central pour surveiller les populations de rapaces nicheurs et migrateurs et partage cette passion avec des populations locales et des visiteurs. De plus, il sensibilise volontiers les bergers locaux et les villageois \u00e0 la protection des rapaces, expliquant leur r\u00f4le de cul-de-sac \u00e9pid\u00e9miologique dans le maintien d&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8mes sains.<br \/> Le 12 juillet 2018, alors qu&rsquo;il campait au col ouest de Jbel M&rsquo;goun (31.511781, 6.446513), Ismail a vu 3 gypa\u00e8tes (une paire d&rsquo;adultes et un juv\u00e9nile nouvellement envol\u00e9) d\u00e9coller au-dessus de lui \u00e0 3800m pendant quelques secondes avant de partir. Cette observation, \u00e0 laquelle ont assist\u00e9 d&rsquo;autres ornithologues, est un autre t\u00e9moignage de reproduction de cette esp\u00e8ce insaisissable non seulement au Maroc mais dans toute la r\u00e9gion du Maghreb. En outre, il indique que le Haut Atlas central repr\u00e9sente le bastion et l&rsquo;habitat cl\u00e9 de ce grand charognard au Maroc et au Maghreb \u00e9galement, o\u00f9 les mesures de conservation devraient \u00eatre ax\u00e9es sur l&rsquo;\u00e9limination ou le contr\u00f4le des menaces.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cna.lpo.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/r-duction.jpg\" alt=\"\" class=\"imagecache-original\"> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cna.lpo.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/r-duction2.jpg\" alt=\"\" class=\"imagecache-original\"> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>photos de Bruno Berthemy<\/em><\/p>\n<div class=\"cadrecentre rounded\"><a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/profile\/Sidi_Imad_Cherkaoui\/publication\/327551649_New_breeding_record_of_Lammergeier_Gypaetus_barbatus_barbatus_in_Morocco_and_proposals_for_its_conservation\/links\/5b962e07299bf1473938a543\/New-breeding-record-of-Lammergeier-Gypaetus-barbatus-barbatus-in-Morocco-and-proposals-for-its-conservation.pdf\" target=\"_blank\"><em>ALLAOUI, Ismail et CHERKAOUI, Sidi Imad. New breeding record of Lammergeier (Gypaetus barbatus barbatus) in Morocco and proposals for its conservation 10 september 2018 <\/em><\/a><\/div>\n<div class=\"cadrecentre rounded\"><em>                                                                                                                                  traduction et r\u00e9daction article : Aur\u00e9lien Dessort LPO Programmes Nationaux de Conservation<\/em><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"cadrecentre rounded\">Autrefois largement r\u00e9pandu en Afrique et en Eurasie, le gypa\u00e8te barbu a connu un d\u00e9clin significatif au cours du 20e si\u00e8cle dans plusieurs r\u00e9gions, sauf dans les zones de r\u00e9introduction comme les Alpes et les Pyr\u00e9n\u00e9es (BirdLife International 2018). Selon l&rsquo;UICN, l&rsquo;esp\u00e8ce est largement r\u00e9partie de mani\u00e8re disjonctive dans toute son aire de r\u00e9partition et elle a \u00e9t\u00e9 class\u00e9e Quasi menac\u00e9e en raison de preuves d&rsquo;un d\u00e9clin d\u00e9mographique mod\u00e9r\u00e9ment rapide au cours des trois derni\u00e8res g\u00e9n\u00e9rations (BirdLife International 2018).&nbsp;<\/div>\n<p>&nbsp;    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/preprod-cna.lpo.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/diminution.jpg\" alt=\"\" class=\"imagecache-original\" width=\"1001\" height=\"665\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>photo de Bruno Berthemy&nbsp;<\/em><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":21672,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-21696","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-autres-informations"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cna.lpo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21696","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cna.lpo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cna.lpo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cna.lpo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cna.lpo.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=21696"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/cna.lpo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21696\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cna.lpo.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/21672"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cna.lpo.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21696"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cna.lpo.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21696"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cna.lpo.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21696"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}